La médecine de demain

J’ai vécu récemment à Paris une belle soirée de réflexion et de partage avec Stéphane Allix, fondateur de l’INREES, dans le cadre d’une conférence sur la médecine de demain et  la convergence attendue entre biomédecine et pratiques alternatives de santé.

Même s’il est légitime d’attendre de la médecine de nouvelles percées techniques, je pense en effet que la plus grande évolution qui l’attend ira dans le sens de s’ouvrir pleinement aux dimensions émotionnelles et existentielles de la relation soignant-soigné.

En fait, le problème est assez simple : l’essentiel des déterminants de la santé et de la maladie relèvent de cette dimension existentielle. Les recherches en santé publique montrent que les facteurs de vulnérabilité ou de résilience tiennent à l’histoire personnelle (et en particulier, les psychanalystes l’avaient bien vu, à la petite enfance), à l’histoire familiale, aux conditions et habitudes de vie, à la densité et à la qualité de l’inscription relationnelle et sociale, ainsi qu’au sens qu’une personne attribue à sa trajectoire de vie et aux ressources dont elle dispose pour se sentir l’acteur de sa destinée.

En face, la médecine, enfermée dans le carcan de la matérialité, se rétrécit dans des procédures et des réponses essentiellement biochimiques. Cherchez l’erreur…

Il résulte de cette évolution une énorme souffrance, tant pour les patients que pour les soignants eux-mêmes. Rajoutez une louche de contraintes économétriques et vous aboutissez à un système de soins en crise.

La réhabilitation de l’expérience existentielle du patient au cœur du dispositif de soins, la compréhension de l’efficacité du symbolique (et donc de l’utilité-aujourd’hui démontrée- des pratiques de santé non-scientifiques), la reconnaissance de l’importance de l’empathie dans la relation thérapeutique et de son impact sur l’efficacité des traitements constituent à mes yeux les enjeux de l’évolution nécessaire et qui se profile.

Car les données affluent : ces éléments ne sont pas juste des énoncés de valeur vertueux ou moraux… Ils sont validés par ce que la recherche montre de manière convaincante. Si l’on veut améliorer la qualité et l’efficacité des soins médicaux, on ne peut passer que par là.

Trois petites vidéos sur ce sujet (la conférence est disponible dans son intégralité pour les abonnés à l’INREES : lien)

 

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