Soutenir la Hope Flower School de Bethléem

Cette école est née de la vision de feu Hussein Issa, de pouvoir réunir sur les mêmes bancs d’école des enfants juifs, chrétiens et musulmans. De les aider à grandir dans l’intercompréhension et le respect de leurs différences. De les accompagner à travers une éducation orientée vers la paix et la reconnaissance, selon les mots de M. Issa que « derrière tout acte de violence, il y a une blessure non soignée ».

L’école a traversé les turbulences de l’Intifada, de l’occupation israélienne et de la construction du mur, qui a failli détruire l’école et passe aujourd’hui juste à côté. En conséquence, les enfants israéliens ne fréquentent plus l’école. Mais l’idéal reste, dans l’attente du jour hélas probablement lointain où les communautés seront parvenues à surmonter ce qui les conduit à s’affronter.

La Hope Flower School, très favorablement connue dans les milieux éducatifs occidentaux,  est particulièrement renommée pour son programme d’éducation à la paix et à la démocratie.  Elle accueille 350 enfants à qui elle dispense non seulement des cours, mais aussi un soutien post-traumatique, des repas chauds, ainsi que l’habillement nécessaire à affronter les rigueurs de l’hiver.

Nous qui vivons sur le sol de l’Europe, nous ne connaissons que trop le poids du sang, des larmes et de la haine. Et pouvons apprécier à quel point, là-bas comme ailleurs, il est important d’aider ces enfants qui sont porteurs de l’espérance que le monde, un jour, cesse de ressembler à ce que nous en avons fait…

Ecoutons l’immense Barbara :

Et tant pis pour ceux qui s´étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j´aime,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l´alarme,
S´il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Oui, il y a des gens que nous aimons, à Ramallah comme à Jérusalem, à Tel-Aviv comme à Bethléem. C’est pour cela que l’engagement pour cette école est juste. Parce qu’il n’est contre personne, mais pour que soient précieusement préservées et cultivées des graines de paix qui trouveront un jour, c’est notre espérance, le terreau pour lever. Et qu’il devienne alors possible pour Israéliens et Palestiniens de verser une larme pour le malheur et les souffrances de l’autre peuple.

Alors oui, il est important de soutenir la vision portée aujourd’hui par le fils du fondateur, M. Ibrahim Issa. Car nous connaissons aussi bien la tragédie de prétendre que les conflits d’ailleurs ne nous concernent pas, et les conséquences du repli vers l’indifférence et la résignation.

Au-delà des cours, des repas, des habits, du soutien psychologique que nous pouvons fournir à ces enfants, il y a encore plus précieux : le message que someone somewhere cares, que quelqu’un, quelque part, se soucie et s’engage. Pour préserver avec eux cette espérance que des communautés trouvent un jour le moyen de surmonter le poids de l’histoire et de la violence, d’où qu’elle vienne.

Nous pouvons nous souvenir au passage (même si beaucoup d’entre nous ne nous considérons plus forcément comme chrétiens au sens religieux du terme) des paroles si inspirées d’un Prophète -à tout le moins- qui naquit dans cette ville. Et qui, contrairement à ce que l’on a cru, ne constituent pas des prescriptions morales mais disent bien le réel.

Celles de l’importance vitale de traiter l’autre comme nous aimerions qu’il nous traite ; que ce que nous faisons à l’autre, nous nous le faisons en vérité à nous-mêmes; que tout gain apparent obtenu au détriment de l’autre se fait en égale proportion à notre propre détriment. Que perpétrer l’injustice ou la violence est en réalité aussi dommageable  à celui qui la commet que pour celui qui en est victime. Et qu’il est une incontournable communauté de destinée entre deux peuples qui s’affrontent…

Nous pourrions être tentés d’écrire que trop d’enfants sont morts dans cette partie du monde, là où il suffit simplement de rappeler que des enfants sont morts, et mourront encore du fait de l’aveuglement des hommes…

Mais un enfant est mort
Là-bas, quelque part
Mais un enfant est mort
Et le soleil est noir (…)

Et que faut-il donc faire pouvez-vous me le dire
S’il faut aller plus loin pour effacer vos larmes
Et si je pouvais seule faire taire les armes
Je jure que, demain, je reprends l’aventure
Pour que cessent à jamais toutes ces déchirures

Barbara – Le soleil noir

Seul, nous ne le pouvons évidemment pas. Mais ensemble, nous pouvons soutenir cette école qui,  de manière bien modeste mais essentielle,  garde vivante cette vision de lucidité au cœur du conflit…

Soyez les bienvenus à nous rejoindre jeudi prochain 28 février à l’Hôtel Beau-Rivage à Genève (cocktail dinatoire dès 19h30, 200.- par personne, suivi d’un récital de la magnifique soprano Dima Bawab)

Site de l’école

Site de l’association Palestine Demain, organisatrice de l’événement

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