Méditation, art de l’être

Très beau livre récemment paru au Livre de Poche que  « Pratique de la méditation » de Fabrice Midal. Un de ces livres essentiels, limpides, dont la simplicité éclaire jusqu’aux recoins les moins souvent abordés du thème.

Au bénéfice d’une vingtaine d’années de pratique, l’auteur, fondateur de l’Ecole occidentale de méditation, s’est vu introduit à la méditation par l’œuvre de Chogyam Trungpa et certains de ses étudiants comme Francisco Varela. Il y découvre une plongée au cœur de l’être. Loin de certaines idées reçues, la méditation ne consiste pas à faire le vide en soi pour se doucher dans une dégoulinance de bons sentiments et une sérénité factice. Non, il s’agit de prendre, avec l’engagement d’une ascèse, le temps de nous poser pour être présent à nous-mêmes et au monde, à ce qui nous travaille et nous agit, en-deçà de ce que notre intellect est habituellement capable de repérer.

Dans un monde qui s’abrutit de plus en plus furieusement dans la fuite hors de soi-même, de revenir encore et encore dans la dimension de l’être pour rencontrer et faire sien ce que nous sommes. Observer le jeu de la conscience, des idées et des émotions sans chercher à en faire quoi que ce soit, sans chercher à atteindre quoi que ce soit, sans attente de résultats. Et pouvoir, en digérant les filtres que nous mettons entre le monde et nous-mêmes, nous construire dans un rapport de plus en plus  premier avec le réel en nous et autour de nous.

La méditation, de ce point de vue, est une gigantesque entreprise de « déshypnotisation » de la transe de nos illusions individuelles et collectives, de ce qui nous empêche d’être ancrés au cœur de la vie. Pour faire l’expérience d’une qualité d’être qui nous ouvre à ce que Trungpa appelait le « cœur de la bonté fondamentale ».

Elle nous invite à un voyage intérieur qui nous plonge dans la richesse et l’immensité qui existent en-dedans de nous, en-deçà de nos identifications, et nous donne le diapason pour émerger de nos multiples aliénations.

A l’heure où l’Occidental moyen étouffe sous la perte de contact avec lui-même, emporté par le flot des besoins et des contraintes pressantes mais sans nécessité d’un mode de vivre toujours plus mécanique et absurde, la méditation est bel et bien une voie royale pour retrouver le sens de cette dimension de l’être. D’autant plus fondamentale qu’elle ne pourvoit pas de nouvelles croyances plus confortables à celles trop inconfortables de notre maladresse à être, mais qu’elle libère un ordre de connaissance de l’intérieur apte à nous restaurer dans un sentiment de dignité et de fragilité précieuses.

Qu’est-ce que la vie ?
C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit.
C’est le souffle d’un bison en hiver.
C’est la petite ombre qui court dans l’herbe et se perd au coucher de soleil.

énonçait au soir de sa vie le chef amérindien Crowfoot. La méditation restaure quelque chose en nous de cet ordre de poésie, nécessité urgente dans la société redoutablement technique qui est la nôtre…

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