Traitement médical ou pas?

Je reçois souvent des courriers de la part de personnes en situation de maladie (ou de membres de leur entourage) qui hésitent à subir l’intervention chirurgicale ou suivre le traitement prescrit par leur médecin. Elles me demandent ce que j’en pense et si elles peuvent suivre leur intuition de chercher à résoudre leur problème de santé autrement.

Bien sûr, il m’est impossible de répondre. Déjà parce qu’il me faudrait connaître en détails la situation précise de chaque personne. Mais aussi parce que je ne vois pas comment (à moins d’être Madame Soleil) je pourrais détenir la réponse à une telle question.

Un élément de réponse consiste à reconnaître qu’il est compliqué de se priver de ce que la médecine peut offrir. Elle a certes ses limites, mais les traitements médicaux se sont dans l’ensemble énormément affinés au cours de la décennie écoulée. Compléter un traitement médical par d’autres ressources de soins (homéopathie, acupuncture, méditation, pratiques de guérison) est à peu près toujours une bonne idée : il n’y a aucun risque à procéder ainsi et beaucoup à gagner, ces pratiques étant dans l’ensemble utiles et efficaces.

Mais s’en remettre exclusivement à elles peut revenir à faire preuve de témérité là où un traitement médical bien choisi peut aider vite et bien.


En fait, le nœud du problème posé réside le plus souvent dans la relation soignant – soigné. Il faut rappeler que le patient est (hors incapacité de discernement) pleinement libre et responsable de ses choix. Le médecin a le devoir de l’informer le plus complètement possible sur la réalité du diagnostic, les options thérapeutiques disponibles en présentant les avantages et inconvénients, ainsi que les taux de succès statistiques de chaque traitement. De sorte que le patient puisse donner son consentement éclairé au traitement recommandé, ou choisir une autre option.

Dans la réalité, combien de patients se voient-ils encore ordonner : « Vous serez opéré tel jour à telle heure » ou « vous devez prendre tel ou tel médicament » sans avoir voix au chapitre? La tentation de se soustraire à la médecine est alors grande, surtout quand la qualité de la relation avec le médecin ne laisse aucune place à l’écoute et à l’ouverture face à d’autres stratégies de soins…

Si un patient entend surseoir à un traitement ou à une opération, le médecin a à le renseigner le plus objectivement possible sur l’évolution prévisible de la maladie en l’absence de soins. Il y a parfois des « fenêtres de temps » à bas risque où le patient peut chercher à trouver une guérison autrement, quitte à se résoudre au traitement indiqué si l’amélioration ne se produit pas.

Ma réponse à la question qui m’est souvent posée est donc celle récupérer sa souveraineté et son pouvoir décisionnel au sein de la relation de soins. Quitte à changer de médecin si cela n’est pas possible!

Ensuite, tout dépend de chaque situation. Lorsque les traitements proposés induisent des effets secondaires gérables, le mieux est de combiner traitement médical et thérapies complémentaires.

J’accompagne depuis quelques mois une personne qui était confrontée à un vilain cancer métastatique. Un foyer cancéreux au sein avait produit des métastases qui s’étaient attaquées au poumon et aux os. Cette personne a choisi de suivre la chimiothérapie proposée, de recevoir des traitements d’acupuncture, des injections de gui selon la médecine anthroposophique, ainsi que de venir me voir pour des soins énergétiques.

En quelques mois, sa situation s’est magnifiquement améliorée. Il ne reste plus qu’une seule métastase, dont elle espère venir à bout.

Quelles sont les parts respectives des différentes thérapies auxquelles elle s’est adressée dans l’amélioration rencontrée? La réponse est évidement « on s’en fiche! » L’important est qu’elle s’est autorisée à mettre à profit des ressources complémentaires et que cela lui a été utile.

Les médecines non-complémentaires sont rarement « miraculeuses », même s’il arrive parfois que des guérison inexplicables se produisent. Elles sont en revanche très souvent utiles. Récupérer son plein pouvoir de choisir librement ce qui lui paraît juste est souvent un enjeu existentiel et affectif important pour la personnes rencontrant une difficulté de santé.

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